Going Home: Glass artist Urve Manuel tells a tale of fish and family

September 1, 2010

article by Gloria Hickey

Glass artist Urve Manuel observes the annual migration of Atlantic salmon and recognizes its primal urge to return home as the same urge that motivates her family and neighbours in Newfoundland and Labrador. “We mirror this survival strategy,” she says “Lifestyles are changing: jobs are lost due to depleted cod stocks, schools are closing and remote communities are dying.  There is a pressure to move away from home in order to make a living and raise families.  But the greatest pressure is to return home to where you belong.”

Urve Manuel has been a firefighter, logger and tree planter.

Visiting from British Columbia (she was born in Montreal, grew up in Ontario), Urve met her husband, a Newfoundland native, while on a “surf break” in Cape Ray. Despite the success and stimulation of “living away,” Ian Manuel had returned to Steady Brook, Newfoundland.  “He decided years ago that Newfoundland is where he wants to be.  And Ian will do whatever it takes to make a living where the people he grew up with live.” Urve speculates that the remoteness of many Newfoundland communities – highways were only introduced after Confederation in 1949 – accentuates both the province’s culture and the strong connection many Newfoundlanders feel to home.  But she is quick to add, “I think the theme of homesickness has a resonance right around the globe.”

Urve Manuel’s connection to the epic journey of salmon – and the subject of her latest glass installation titled Salmon Run – is deep.  In part, it is in the memories of an active childhood spent hiking and fishing.  But it is also intellectual as she was a graduate student at the University of British Columbia’s Department of Oceanography.  “I never finished my thesis on salmon migration; I got sidetracked and ended up firefighting.  I guess Salmon Run is my way of finally finishing that report,” she laughs.

Salmon Run by Urve Manuel

Salmon Run captures a riverbed in glass filled with 99 churning salmon of kiln slumped glass.  Their gleaming red, amber and blue bodies are flexed energetically, mouths open in exertion.  The fish are poised at different heights on transparent Lexan ‘pilings’ and low ceramic “stones”.  The river is composed of a winding glass table supported by hand-wrought, rhythmic metal legs. Above all the activity, a glass osprey soars quietly waiting for his chance to swoop down for a meal.  In the background are two stained glass panels that depict a different kind of predator– cottages nestled into the evergreen woods in one suggest the human presence, the other shows a lyrical birch glade with flowers.  Both show two ends of the rushing river.  The large-scale panels are set into sturdy 6 x 6 foot frames that Urve Manuel reclaimed from an old Ontario schoolhouse.

Just a few of the 99 Churning Salmon that make this impressive installation.

The ambitious glass installation betrays a huge appetite for physical work, to which Urve is no stranger.  She has been a firefighter, logger and tree planter.  Process photographs of the installation document Urve Manuel at the anvil, hammering out the legs for the riverbed table and producing the dozens of fish that took months and months of preparation. “For the past few months, this work was everywhere—living room, dining room, kitchen, studio, inside the car, outside on the deck… all consuming,” says Urve,” but I have a feeling that the drive to get it done and set up at the gallery was probably similar to the turbulent energy the salmon exude in their quest to propagate their species.”

For Urve Manuel there was no osprey soaring overhead but there were logistical challenges.  She worked for two years problem solving a way to realistically mount the glass fish– actual rocks were too heavy – and there were technical challenges with making the different glasses compatible.  “I originally wanted to use recycled glass for at least parts of the installation but it wouldn’t anneal properly,” she explains.  And then there was the cost which she says “floored her” when she added it all up at the project’s conclusion.   By necessity, the asking price for the installation is $43,200.

Salmon Run is a logical step in a glass career that has enthusiastically given shape, texture and colour to Urve Manuel’s love of the natural world.  Her studio has been home to herds of freestanding glass caribou.  She has made platters that are odes to the iridescent beauties of squid and the sudden fragile beauty of a northern orchid on the Newfoundland barrens. “Not all people want to wake up early to watch the sun strike the horizon and turn the mountains a deep fuchsia, but these people might still want to be a part of those scenes in a less physical way. My art allows me to share with others what gives me such deep joy,” concludes Urve.

Salmon Run was exhibited in the Craft Council of Newfoundland & Labrador Gallery, but has recently come down.  However, people can view it online at: http://www.craftcouncil.nl.ca/gallery/current_show.asp

Retour aux sources

L’artiste verrier Urve Manuel nous conte une histoire de poissons et de liens familiaux

L’artiste verrier Urve Manuel a établi en observant la migration annuelle des saumons de l’atlantique  un lien entre leur besoin pressant de retourner chez eux et celui de sa propre famille ainsi que de son voisinage à Terre Neuve et au Labrador. « Nous sommes le reflet de cet instinct de survie », dit elle « Notre mode de vie a changé : pertes d’emplois dues à l’épuisement des ressources en morue,  fermeture des écoles et disparition des communautés isolées. Quelque chose nous pousse à partir de  chez soi pour pouvoir gagner sa vie et avoir une famille. Mais la plus grande volonté est celle de s’en retourner chez soi, d’où l’on vient. »

Urve Manuel has been a firefighter, logger and tree planter.

En visite de Colombie Britannique (elle est née à Montréal et a grandit en Ontario), Urve a rencontré son mari, natif de Terre Neuve, durant des vacances d’été à Cape Ray. Malgré la réussite et l’excitation de vivre loin, Ian Manuel est retourné vivre à Steady Brook en Terre Neuve. « Il a décidé il  y a quelques années que Terre Neuve était l’endroit où il souhaitait être. Et Ian est prêt à tout pour retourner vivre auprès de ceux avec qui il a grandit. » Urve en déduit que l’isolement de la plupart des communautés de Terre Neuve –les autoroutes n’ayant été construites qu’après l’alliance de 1949- accentue d’autant plus la force culturelle de la province ainsi que l’attachement de ses habitants pour leur contrée. Mais elle ajoute rapidement, « je pense que le thème du mal du pays est valable tout autour de la terre. »

La relation d’Urve Manuel au voyage épique du saumon –et au sujet de sa dernière oeuvre en verre intitulée Salmon Run (le voyage du saumon)- est très profonde. C’est en partie à cause de ses souvenirs d’une enfance active entre randonnées et pêche. Mais c’est aussi pour le côté intellectuel car elle étudia au sein du département océanographique de l’université de Colombie Britannique. « Je n’ai jamais pu achever ma thèse concernant la migration des saumons ; j’ai été  amenée à finalement devenir pompier. Je suppose que Le voyage du Saumon est ma façon en quelque sorte de boucler le rapport », dit elle en riant.

Le Voyage du Saumon capture le lit d’une rivière en verre rempli de 99 saumons remuants en verre cuit au four. Leurs corps brillants aux teintes rouges, ambres et bleues sont énergiquement fléchis, la bouche ouverte dans l’effort. Les poissons sont suspendus sur différents niveaux dans les empilements de Lexan transparent et de « pierres » en céramique. La rivière est composée d’une table de verre en spirale soutenue par des pattes métalliques forgées rythmiquement à la main. Au dessus de toute cette activité, un balbuzard plane tranquillement prêt à plonger obtenir son repas. Dans le fond, deux panneaux en verre représentent  une autre forme de menace –dans l’un des cottages nichés dans les bois verts laissent supposer une présence humaine, l’autre montre une clairière de bouleaux et de fleurs. Chacune se poste à une des extrémités de la rivière grondante. De grande taille, les panneaux sont montés sur deux solides cadres de 6 x 6 pieds qu’Urve Manuel a récupéré d’une ancienne école en Ontario.

L’ambitieuse installation de verre se révèle être gourmande en efforts physiques, ce qu’Urve n’ignore pas. Elle fut tour à tour pompier, bûcheronne et planteuse d’arbres. Des photos des étapes de création de l’installation montrent Urve martelant sur l’enclume les pattes son lit de rivière table  et produisant les douzaines de poissons, ce qui demanda des mois préparation. « Durant ces derniers mois, cet ouvrage était partout –dans le salon, la salle à manger, la cuisine, le studio, dans la voiture, sur la plateforme extérieure… c’est très prenant », dit Urve, « mais j’ai l’impression que mon entrain pour en venir à bout et l’installer au sein de la galerie est probablement équivalent à l’énergie turbulente relâchée par les saumons dans leur quête de reproduction de l’espèce. »

Au lieu de la menace du balbuzard pour Urve Manuel ce sont plutôt des contraintes logistiques qui l’ont défiée. Pendant près de deux ans, elle a travaillé afin de trouver une façon réaliste de monter son poisson verre –de véritables pierres étant trop lourdes- et il fallu aussi prendre en compte les défis techniques afin de rendre les différents types de verre compatibles. « A la base, je souhaitais utiliser du verre recyclé pour certaines parties de l’installation mais cela ne se détrempait pas correctement », explique- t- elle. Ensuite il y eu la prise en compte des coûts qui selon elle l’ont impressionnée, lorsque additionnés jusqu’à l’aboutissement du projet. Par nécessité, le prix demandé pour l’installation est de $43,200.

Le Voyage du Saumon est une étape logique à la carrière verrière ayant motivé et donné forme, texture et couleur à l’amour d’Urve pour la nature. Son studio a été le refuge de hordes de caribous sur pieds en verre. Elle a fait des plats qui sont de réelles odes à la beauté chatoyante des calmars et la beauté fragile et brève d’une orchidée du nord sur les paysages dénudés de Terre Neuve. « Tout le monde n’est pas forcément d’accord pour se lever tôt afin d’aller voir le soleil atteindre l’horizon et colorer les montagnes en un fushia profond, mais ces personnes auront peut être tout de même l’envie de profiter de ces scènes d’une manière moins sportive. Mon art me permet de partager avec les autres ce qui me procure une joie si profonde », conclue Urve.

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One Response to “Going Home: Glass artist Urve Manuel tells a tale of fish and family”

  1. Susan Stephen says:

    This exhibition was phenomenal to behold and this article really puts the symbolism of it into context. Really amazing work.

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