Knitting With Glass
August 1, 2011
By Carol Milne
(Reprinted with the kind permission of Fibrearts magazine, Summer 2011)
Knitting wasn’t yet “cool” when I was a kid. My grandmothers both knitted, but other knitters were few and far between. I distinctly remember entering a yarn shop at the age of eleven and being mesmerized by the circle of women knitting socks in a round on four tiny needles. I had to learn. Patterns, knitters, and fine yarns were hard to come by. Paton’s, Pingouin, Vogue Knitting, and later Threads magazine, along with knitting authors Barbara Walker and Deborah Newton, were my guides as I taught myself. But without an interest in fashion and clothing design, knitting wasn’t a vocation, it was clearly a hobby.
Fast forward many years . . . I’m now a sculptor working in cast glass and metal. One day I was adding sprues to a wax piece I was going to cast in bronze. I had lots of delicious-looking strands of red sprue wax (this is a fairly soft dimensional wax that comes in two-foot lengths) lying around my studio and I thought, “I wonder if I can knit with that?” It turns out I couldn’t knit it with needles, but the question started me down a road of trial and error and experimentation until I figured out how to make it work.
The basic process I use is the ancient art of lost-wax casting used by foundry workers, jewelers, and sculptors.
A. I knit something in wax.
B. I surround the wax with a heat-tolerant refractory or investment material.
C. The wax is melted out, leaving a shell of investment around the space that was the wax object.
D. The mold is placed in a kiln, and glass is melted into the empty space.
E. The mold is removed (and destroyed in the process) to reveal the knitted-glass piece within.

Wax strands are wrapped around a knitting needle or a jig, then opened into loopy zig-zags.

“Knitting” the pieces together by hand, twisting together the ends when adding a new strand.

Gradually, the knitted wax form takes on a sock-like shape.

The completed pair of wax socks.

A complex set of “sprues,” “gates,” and “vents” are soldered to the piece with wax to provide pathways for glass to enter and air to leave the piece. Photo: Steve Isaacson

The “sprued” sock sculpture is ready to be “invested” or surrounded with several coats of a “refractory” mold material that withstands high temperatures. Photo: Mara Isaacson

The first of several layers of mold material applied to one of the sock sculptures. The mold material is built up to a thickness of 1–2 inches.

The mold is placed in a kiln upside down and lead crystal “frit” or chunks are place in the mold or in a flowerpot above the mold. The kiln temperature of 1530˚F melts the glass into the mold.

After the mold has cooled, material is carefully removed to reveal the finished piece.

The “sprues” are cut off and polished using a diamond tool.

A final surface polish with pumice completes the pieces Salt and Pepper (2011).

Carol Milne holds the finished Salt and Pepper pieces in her Seattle studio Photo: Jasmine Isaacson
So why do I feel compelled to knit in glass? Knitted goods exude comfort: soft, cozy, intimate, and heartwarming. Once they are in glass, the result loses most of the qualities we associate with knitting and becomes something else entirely. Where we once noticed the surface and feel of the material, our emphasis now shifts to the structure of the material itself. We notice the twisting interconnection between the stitches, the deepening of color where the stitches overlap, and the spaces between the stitches. Where it was once a flexible fabric able to mold to our bodies, it is now rigid and fragile. It is nice to look at but totally impractical to wear.
These are beautiful objects, but they are also metaphors. They speak to the fragility of life and to the tendency to judge based on appearance versus practicality.
Perhaps most importantly, I see my knitted work as a metaphor for social structure. Individual strands are weak and brittle on their own but deceptively strong when bound together. You can crack or break single threads without the whole structure falling apart. And even when the structure is broken, pieces remain bound together. The connections are what keep it intact, bringing strength and integrity to the whole.
The artist’s website is www.carolmilne.com. Milne’s work is included in Beyond Glass at Gallery IMA in Seattle, Washington (June 2–July 3), www.galleryima.com; and The Perfect Fit: Shoes tell Stories at the Boise Art Museum in Idaho (through July 31), www.boiseartmuseum.org. Milne is also one of the winners of the 2011 Fiberarts Reader’s Choice Studio Contest.
Photos by the artist unless otherwise noted.
Copyright Fiberarts® magazine, Interweave Press, LLC, Summer 2011. Not to be reprinted. All rights reserved.
Tricoter Du Verre
Par Carol Milne (réédité avec l’aimable autorisation du magazine Fibrearts, été 2011)
Le tricot n’était pas encore à la mode lorsque j’étais petite. Mes grands-mères tricotaient toutes les deux, mais les adeptes du tricot ne couraient pas vraiment les rues. Je me revois très bien entrer dans cette mercerie à l’âge de 11 ans et être fascinée par le cercle de femmes qui tricotaient des chaussettes sur 4 petites aiguilles en rond. Il fallait que j’apprenne. Les patrons, la tricoteuse et les pelotes de laine n’étaient pas évidents à se procurer. Patron’s, Pingouin; Vogue Tricot, et plus tard le magazine Threads ainsi que les auteurs en tricot Barbara Walker et Deborah Newton furent mes guides tandis que j’apprenais toute seule. Mais sans un intérêt quelconque pour la mode ou les styles vestimentaires, tricoter n’était pas tant une vocation en soi, c’était simplement un passe-temps.
Bien des années plus tard…. Je suis maintenant devenue sculpteuse, travaillant avec la pâte de verre et le métal. Un jour, alors que installais des jets sur une pièce de cire qui devait être coulée en bronze, je me suis retrouvée avec une multitude de filaments parfaits de cire rouge (c’est une cire de précision dimensionnelle relativement malléable mesurant 60cm) étalés dans mon atelier et je me suis dit, “je me demande si je peux tricoter avec ça?” Il s’avéra qu’il était impossible de les tricoter avec des aiguilles, mais l’idée fut le début d’un long parcours agrémenté de tentatives, d’erreurs et d’expérimentations jusqu’à ce que je trouve enfin un moyen d’y parvenir.
Le procédé de base que j’emploie est la méthode ancienne de la cire perdue, aussi utilisée par les travailleurs dans les fonderies, les orfèvres et les sculpteurs.
A. Je tricote quelque chose en cire.
B. J’entoure la cire d’un matériel réfractaire à la chaleur ou d’investissement.
C. Faisant fondre la cire, le matériel réfractaire reste tel une coquille vide autour de l’espace qu’occupait la cire.
D. Le moule est placé dans le four et du verre est coulé dans cet espace creux.
E. Le moule est retiré (et détruit dans le processus) pour dévoiler la pièce de verre tricotée qui se trouve à l’intérieur.

Les fils en cire sont enroulés autour d'une aiguille à tricoter ou d’une baguette, puis écartés pour créer des zigzags.

Les différents morceaux sont”tricotés” ensemble manuellement, et les extrémités entortillées au fil suivant.

Peu à peu, la cire tricotée prend la forme d'une chaussette.

La paire de chaussettes en cire une fois terminée.

Un jeu complexe de "filaments", de "jets" et d’"évents" en cire sont fixés à la pièce pour permettre au verre d’entrer et pouvoir laisser sortir l'air. Photo: Steve Isaacson

Les chaussettes sculptées jointes à leurs "filaments" sont prêtes à être investies en moule ou entourées de plusieurs couches de matériel réfractaire supportant une température élevée. Photo: Mara Isaacson

Première couche du matériel de moulage appliquée à l'une des chaussettes sculptées. Le moule atteint au fil des couches une épaisseur de 2-5cm.

Le moule est placé tête en bas dans le four et des fragments de Crystal y sont placés à l'intérieur ou dans un pot de fleurs posé au dessus du moule. La température du four atteignant les 830°C fait fondre le verre dans le moule.

Une fois le moule refroidi, le matériel est délicatement retiré, dévoilant la pièce achevée.

Les "filaments" sont coupés puis polis à l'aide d'un outil diamant.

Un polissage final à la pierre ponce est appliqué sur la surface des pièces Sel et Poivre (2011).

Carol Milne tenant son œuvre terminée Sel et Poivre dans son atelier de Seattle. Photo: Jasmine Isaacson
Qu’est ce qui me pousse donc à vouloir tricoter du verre? Les choses tricotées sont symboles de confort: douces, douillettes, intimes et réconfortantes. Une fois en verre, le résultat perd la majorité de ces qualités associées au tricot et devient quelque chose de tout autre. Alors que la surface et le toucher du matériau en étaient l’intérêt principal auparavant, notre attention se porte maintenant sur la structure du matériau en lui-même. On s’attarde sur le maillage sinueux entre les points, l’intensification des couleurs là où les mailles se superposent, et les espaces entre les mailles. Textile flexible et moulant auparavant, le voila à présent devenu rigide et fragile. C’est beau à regarder, mais totalement impossible à porter.
Cela donne de beaux objets mais aussi avant tout des métaphores. Ils représentent la fragilité de la vie et notre tendance à juger les choses sur leur apparence au lieu de leur aspect pratique.
Plus important encore probablement, je considère mes œuvres tricotées comme des métaphores de notre structure sociale. Faibles et cassants individuellement, les fils sont plus forts qu’ils n’y paraissent une fois reliés tous ensemble. On peut craquer ou casser des fils seuls sans que toute la structure n’en soit détruite. Et même lorsque la structure est atteinte, des morceaux restent encore attachés ensemble. Les connections sont ce qui les gardent intacts, apportant force et intégrité au tout.
Le site Internet de cette artiste est www.carolmilne.com. Le travail de Milne se retrouve dans Beyond Glass à la Galerie IMA de Seattle, Washington (2 juin – 3 juillet), www.galleryima.com; et The Perfect Fit: Shoes tell Stories (La bonne pointure: Les chaussures racontent une histoire) au Musée des Arts de Boise en Idaho (jusqu’au 31 juillet), www.boiseartmuseum.org. Milne est aussi l’une des gagnantes du Concours d’Ateliers du Choix des Lecteurs Fiberarts.
Photos faites par l’artiste sauf si mentionné autrement.
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